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Mauvais arrangements plutôt que bon procès !

Conseil proposé par Marie DRUMMOND de la société TREFLE AMCCF

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Comme dit l'adage "mieux vaut un mauvais arrangement qu'un bon procès".

Dans le cadre familial c'est encore plus vrai. Un procès va entrainer une rupture à long terme avec différents membres de la famille : père, mère et même avec les enfants.

Or, dans 80% des cas, les deux parents sont coresponsables de leurs enfants (les deux parents sont responsables de leurs enfants quelque soit l’endroit où ils résident).  

La relation familiale touche à l’intime, au plus profond de notre être à notre histoire et à celle de toute notre famille. Combien d’entre nous connaissent  des brouilles avec certaines branches de la famille dont on ne connait plus la raison. La dernière guerre, si ce n’est celle d’avant, a laissé un gout amère dont on ne sait plus la cause mais qui empoisonne encore au fond de nous, un je ne sais quoi dont on ne connait pas la teneur.

Nous ne sommes plus en guerre mais les modifications importantes des liens familiales laissent elles aussi des traces. Les enfants sont bien souvent pris en otage lors de la séparation conjugale de leurs parents. Les sentiments très forts qui traversent chacun les rendent peu disponible à entendre la souffrance de leur(s) enfant(s).

Le travail en  médiation va commencer par faire un état des lieux; savoir ce qui a été pour se tourner vers l’après... le passage d’une relation conjugale qui va se terminer, à une relation parentale qui dure toute la vie. Des ajustements doivent être faits afin que les ou l’enfant (s) trouvent la place dans la sphère de chacun de ses parents.

Qu’est ce  que la médiation familiale ?

C’est d’abord un lieu d’écoute et de partage, où des personnes en conflit ou n’arrivant pas à ce mettre d’accord, vont avoir l’opportunité de dire leurs besoins non satisfaits dans la situation présente. Le médiateur va permettre à chacun de dire son ressenti devant un tiers neutre professionnel (diplôme d’état) qui va accueillir chacun avec bienveillance et réconfort au milieu de ce tumulte qu’il rencontre.

Quelques règles : « on parle pour soi », « on se respecte ». Le lieu de la médiation est confidentiel: un médiateur ne peut témoigner en justice, ni faire un compte rendu de ce qui s’est passé pendant ce temps.  Le médiateur familial s’appuie sur les principes de l’autonomie et de la responsabilité de chacun. Les parents sont responsables de leurs enfants, ce sont eux qui savent ce qui est bon pour eux, et qui doivent prendre des décisions ensembles les concernant. Les liens avec les différents membres de la famille sont abordés, les responsabilités parentales (choix d’orientation, école, santé, activités extrascolaires, vacances, nouveau conjoint, déménagement, pension alimentaire…)

En règle générale, la prestation du médiateur va être de peu de séances ; autour de 3 ou 4. Certains ont besoin de plus…  Alors on se trouverait dans un schéma de thérapie ce qui n’est pas le cas de la médiation. Par contre le médiateur peut amener les personnes à se poser la question de la pertinence d’un travail psychothérapeutique pour elle.

Comment va se passer une médiation ?

Ce sont des séances d’environ deux heures où les partis prenantes dans le conflit sont réunis. Le médiateur est directif.

Dans un premier temps nous allons faire l’état de lieu : reprendre l’histoire de la famille, les moments importants qui ont amenés à ce conflit. Nous allons « dessiner » la famille,  essayer de la visualiser sur le paperboard afin de se distancier d’elle. Puis nous allons travailler sur les valeurs qu’elles véhiculent, les mythes de la famille, les règles….etc. Cela va permettre de mettre en évidence les besoins des uns et des autres et plus particulièrement ceux des enfants.

Enfin, nous allons chercher les solutions possibles. Ce qui est aujourd’hui, ce qui peut être ….pour arriver à ce qui sera.Venir en médiation c’est prendre en main sa destinée ou du moins son rôle de parent, d’enfants…etc. de le construire en personne responsable. Il n’y a pas de solution toute faite, il y a des solutions à construire tous ensemble…dans le respect de chacun.

Quel sujet traiter en médiation ?

 ·         Décision concernant la naissance ou la reconnaissance d’un enfant : Omar et Joséphine sont ensemble depuis trois ans…Joséphine est enceinte. Omar souhaite qu’elle avorte, Joséphine ne veut pas…

  • Décision de séparation : Frédéric et Christine vivent ensemble depuis dix ans. ils ont deux enfants de trois et neuf ans. Christine a rencontré un ami d’enfance avec qui elle a une relation....mais elle est très attachée à Frédéric et à sa vie familiale. elle ne sait plus comment faire...Elle est allée se renseigner au point d’accès au droit de sa ville: on lui propose d’aller parler à un médiateur familial afin de réfléchir avec le père des enfants sur les conséquences de la séparation...

·         La mise en place de la séparation : Christine décide donc de se séparer…où vont habiter les enfants ? qui va rester dans le domicile familial ? Y a-t-il lieu que l’un paie une pension alimentaire pour contribuer aux charges des enfants ?

·         La mise en place d’un droit de visite ou d’une résidence alternée : Marianne et Josselin ont eu un enfant ensemble, mais ils se sont séparés dans la première année. Marianne dit que Josselin ne sait pas s’occuper de son fils. Elle a peur qu’il ne lave pas correctement les biberons et que leur fils souffre de gastros à répétition…

·         Les choix de vie des enfants : Dorothée et Didier ont eu trois enfants ensemble. Didier est un ancien joueur de rugby…il voudrait que ses fils jouent de ce sport mais la mère des enfants dit que c’est un sport beaucoup trop dangereux… ou Isabelle et José ont eu un fils, Isabelle souhaite le baptiser mais José est résolument contre…que faire ?

·         Les choix d’orientation scolaire : Anne est d’origine allemande, elle souhaite que sa fille apprenne l’allemand à l’école….Jean, du fait de sa séparation avec Anne nourrit une « allergie » à l’allemand et ne supporte pas que sa fille apprenne cette langue….

·         Les relations avec la famille : La famille d’Irman – père dans ce  cas- n’a pas voulu voir sa petite fille lors de la naissance car elle était complètement contre l’union de leur fils avec Jolia…Irman décède d’un accident de la circulation…les parents de celui-ci essaient de reprendre contact avec leur belle fille….mais celle-ci refuse que l’enfant voit ses grands parents paternels

·         Donation : Philippe et Martine souhaite donner à leurs petits enfants une somme d’argent pour les aider à s’installer dans la vie….leurs enfants sont très inquiets car ils ne savent pas comment ils paieront les droits de succession sur une maison en province…

Comment saisir un médiateur familial ?

Les demandeurs peuvent saisir un médiateur d’eux même. On trouve la liste des médiateurs familiaux sur les sites professionnels : APMF (association pour la médiation familiale), sur les sites des mairies ou conseil général, et enfin sur les pages jaunes…D’autre part, un certain nombre de partenaires sociaux peuvent conseiller la médiation : les assistantes sociales, les réseaux judiciaires (maison de justice et du droit, point d’accès au droit…) et différentes associations qui travaillent en lien avec les familles.Enfin les juges peuvent conseiller une médiation, recevoir l’accord des partis pour entreprendre une médiation, ou enjoindre ceux-ci à aller à un entretien d’information à la médiation familiale.Mais on ne peut être obligé de faire une médiation. Chacun doit être volontaire pour entreprendre cette démarche. La médiation familiale est beaucoup plus développée dans les cultures Anglos saxonnes. Dans notre culture latine elle a du mal à se mettre en place malgré les nombreuses études qui tentent à montrer qu’un couple de parents qui vient en médiation a trois fois moins de chance de repasser devant le juge pour une autre difficulté liée à la parentalité dans les années qui suivent la séparation.Le premier entretien d’information à la médiation est gratuit. La médiation est payante (variable selon les services et les horaires). Une séance de médiation dure environ une heure et demie. Les accords pris en médiation peuvent être homologués en justice soit dans le cadre d’une requête faite par un avocat (dans le cadre d’un divorce) soit dans une requête faite par les partis dans une séparation ou enfin lors d’une nouvelle  requête pour une réévaluation de la pension alimentaire, un changement de résidence ou de droit de visite.La médiation peut être utilisée dans de nombreux autres conflits familiaux: reconnaissance d’un enfant, nom de famille de l’enfant, décision d’ivg, décision liée à un changement de mode de vie (changement professionnel....) droit de visite de grands parents, place d’un nouveau conjoint dans la famille....succession, réorganisation familiale autour d’un parent âgé malade.Marie DRUMMOND Médiatrice familiale Http://trefle-amccf.fr 

 

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